Se balader sur les plages de Los Angeles
Une journée et demi entre Hermosa Beach et Santa Monica

8h du matin, départ de Londres. 13h, arrivée à Los Angeles.
Non, il ne s’est pas glissé un trou noir dans le vol, c’est juste la magie du décalage horaire. Résultat : une journée qui s’étire à l’infini, avec 17 cafés dans le sang et une envie pressante de dormir à 14h. Le jetlag 1 – nous 0.
Notre vol, pris presque un an à l’avance (Virgin Atlantic, vendu par Air France, escale express à Londres Heathrow), a tout du bon plan sur le papier. Sauf qu’entre-temps, la parité euro-dollar s’est vengée et que les prix ont… baissé. Moralité : réserver trop tôt, c’est bien pour les profs aux vacances figées, mais pas forcément pour le porte-monnaie.
Heureusement, à la sortie de l’aéroport, la Californie nous accueille avec son soleil blanc et ses palmiers clichés — et cette odeur de kérosène qui fait office de parfum d’ambiance à LAX. On embarque dans un bus direction Hermosa Beach, sans un seul dollar en poche (génie de l’organisation, épisode 1).
Le chauffeur, probablement touché par notre mine de pandas en déroute, nous fait un signe de la main :
“No worries, go ahead.”
On ne comprend pas trop si c’est de la générosité, de la pitié ou une version locale du “pas envie de faire de la monnaie”, mais le trajet est gratuit. Première victoire en territoire américain.
Dormir à Hermosa Beach : notre plan B devenu coup de cœur

On devait dormir à Venice Beach, ambiance skateurs, street art et touristes en roller. Mais à quelques semaines du départ, annulation.
Plan B : Hermosa Beach, un peu plus au sud, plus calme, moins carte postale mais plus vraie. Finalement, coup de cœur. C’était un bon endroit pour commencer tout en douceur !
Hermosa, c’est un village californien en bord d’océan, avec des joggeurs à 6h du matin, des petits cafés qui sentent le granola et le sable fin, et une jetée où le Pacifique s’écrase comme dans un film. On pose les sacs, on avale une bière face à la mer, et on se force à tenir jusqu’à 19h30 avant de sombrer. Objectif : battre le décalage horaire.
Spoiler : ça marche.
Quand le réveil du corps fait “coucou” à 4h30
4h30 du matin.
Pas un bruit dans la chambre, juste ce décalage horaire qui te saute dessus comme un enfant surexcité.
On ouvre les yeux, on se regarde :
— T’es réveillé ?
— Ouais.
— Bon bah… on y va ?
On s’habille dans le noir, en mode ninja fatigué, et on sort dans un air encore tiède, ce fameux mélange californien où la nuit garde un parfum de journée chaude. On commence par un petit déj le temps que le jour se lève.
Le Pacific Coast est à deux rues. On le sent avant de le voir : une odeur d’iode, un souffle de vent humide, un grondement régulier comme une respiration de géant.
Et puis la plage apparaît, immense, vide, tirée au cordeau par la marée de la nuit.
Le ciel est encore violet : pas tout à fait nuit, pas encore jour, un truc entre le rêve et le lever de soleil. Des mouettes tournent déjà, en plein brunch sur des restes de poissons — elles, elles n’ont aucun problème de fuseau horaire.
On se dit, sans le dire tout haut :
“Commencer un road trip ici… c’est quand même pas mal.”
On décide de longer la côte jusqu’à ce qu’on en ai marre. On marche longtemps.
Le sable est frais sous les baskets, presque froid.
Les vagues claquent, laissent une mousse blanche qui recule comme un rideau.
Les maisons qui bordent la côte ressemblent à des décors : petites maisons pastel, jardins impeccables, palmiers penchés par le vent, terrasses vitrées où l’on imagine des couples prendre leur café en regardant l’infini.
À 7h, on a déjà fait 10 000 pas. Normal.
À 8h, on longe le littoral, presque seuls, avec les joggeurs matinaux qui nous doublent comme si on n’existait pas.






On continue vers le nord.
Hermosa devient Manhattan Beach, puis l’architecture change : plus moderne, plus chic, plus “je fais du télétravail dans une maison à 9 millions et je bois du matcha latte en regardant les dauphins”.
Les cyclistes défilent. Les joggeurs aussi. Tout le monde a l’air d’avoir fait un stage avec Ironman.
À un moment, on passe devant une rangée de maisons ultra-design, toutes en verre, où les cuisines sont déjà éclairées. C’est beau, c’est riche. Certaines maisons sont décorées pour Halloween.
On se dit : ok, c’est un autre monde.
Puis le décor change brutalement.
À mesure qu’on approche de LAX, fini le petit paradis côtier :
– grillages,
– parkings,
– routes à six voies,
– panneaux jaunes qui clignotent,
– avions qui décollent au-dessus de nos têtes dans un grondement qui plaque le cœur contre les côtes.

Ça fait moins rêve californien…
Plus “Fast & Furious 1, scène de poursuite sur piste d’atterrissage”.
On tente de louer des vélos.
On scanne, on rescane, l’appli tourne, plante, redémarre, re-plante.
Un classique californien : tout semble simple… sauf quand tu en as VRAIMENT besoin.
On traverse tout ça pour arriver au village des pêcheurs, une petite marina improbable coincée entre des infrastructures géantes.
L’eau calme, les pontons en bois, les bateaux qui tanguent à peine, les mouettes qui se posent sur les rambardes, les otaries qui viennent te mater en plein port, des restaurants à l’ancienne avec des enseignes rouges un peu défraîchies.

Puis direction Venice Beach puis Santa Monica, cette icône : la fin (ou le début ?) du littoral californien, la carte postale ultime. On garde l’océan en ligne de mire toute la journée, comme un fil conducteur.
Le bus du retour ? Alors là… une aventure à lui tout seul.
Horaires flous comme un horoscope, chauffeurs qui te parlent en philosophe — “You go where life wants you to go” — et la fameuse galère de la monnaie exacte (que personne n’a jamais). On commence à se demander si les réguliers payent parfois le bus.

On rentre rincés mais heureux.
Le soleil se couche comme une boule de feu derrière l’océan, on boit une bière glacée en regardant les couleurs changer, et à 20h30 on s’écroule comme des patates.
Le lendemain, changement de décor : la voiture, le symbole du road trip
On récupère notre Toyota RAV4 flambant neuve à l’aéroport, et c’est là que tout commence vraiment.
Un Franco-Américain barbu, employé de SpaceX, nous parle de son job, des fusées de Musk et de la vie à LA. Il confirme que oui, personne ne paie jamais le bus, parce que “y’a jamais de contrôleurs”.
(Ok, donc on n’est pas des resquilleurs, juste… intégrés localement.)
À ce moment-là, on a le Pacifique dans le rétro, le Grand Canyon en ligne de mire, et un peu de sable encore dans les chaussures.
Hermosa Beach, c’était notre sas de décompression avant l’aventure.
Bilan de nos deux premiers jours à Los Angeles : pas de strass, mais du sel marin
Beaucoup disent que Los Angeles “n’a pas d’âme”. C’est vrai si on reste coincé sur Hollywood Boulevard.
Mais en bord de mer, l’ambiance est solaire, tranquille, un brin rétro. Pas de stress, pas de fioritures.
C’est la Californie des joggeurs du matin, des tacos sur le pouce et du ciel sans nuages.

Et pour nous, le parfait point de départ pour un road trip de deux semaines à travers l’Ouest américain.
Et pour l’étape suivante : La route jusqu’à Grand Canyon !
